Dernière mise à jour :2014-04-24

arts et culture

A l'origine de Supertramp, il y a une histoire de mécénat. En effet, c'est la générosité d'un jeune milliardaire hollandais, Stanley August Misagus, qui permet la création du groupe en 1969.

Supertramp, c'est d'abord la rencontre entre Rick Davies, le chanteur et clavier, et le multi-instrumentiste Roger Hodgson au sein du groupe "A joint".

Supertramp - Rick Davies
Rick Davies à ses débuts

"A joint" dure peu de temps. Rapidement, Rick Davies, passe une annonce dans le journal anglais "Melody Maker" pour former un autre groupe. Jill, la mère de Roger Hodgson, encourage son fils à se rendre à cette audition appellée "Geniune Opportunity". Là, il joue de la guitare acoustique et chante "Dear Mr Fantasy". Rick Davies conquis par la voix de Hodgson, le choisit.

Cela donne rapidement naissance à Supertramp dont le nom est inspiré de l'écrivain W.H Davies auteur de "Autobiography of a supertramp" ( en français, "Autobiographie d'un superclochard" ). Un nom qui nous plaisait, à cause de son côté deuxième degré" se souvient Rick Davies.

Sous l'impulsion de leur mécène, Supertramp signe chez A&M Records, et publie leur premier album intitulé sobrement "Supertramp" en 1970. Ce premier album est un disque empreint de tristesse et de mélancolie.

Une première tentative non dénuée de charme, qui laisse augurer le grand talent d'auteur compositeur de Rick Davies et Roger Hodgson. C'est aussi, leur seul album sans saxophone. C'est un fameux bide commercial. Après le remplacement de son guitariste et de son batteur, le groupe est complété par Franck Farel, à la basse, et Dave Winthrop à la flûte, et au saxo.

Supertramp, deuxième formule tente de survivre tant bien que mal. A Paris, leur premier concert attire seulement 14 spectateurs payants.

A la va-vite, dans la foulée d'une tournée, ils enregistrent l'album "Indelibly stamped". Réalisé trop vite, le disque est à l'image de sa pochette : vulgaire et médiocre. Et ce qui aurait dû être une incursion d'un coeur léger au coeur du rock anglais, n'est finalement qu'un triste et banal voyage à oublier très vite.

Supertramp - Roger Hogson
Roger Hogson

Supertramp s'embarque alors pour une tournée en Norvège. Une tournée si catastrophique qu'elle incite le groupe à se séparer, leur mécène s'étant lui aussi retirer de l'affaire.

Rick Davies et Roger Hodgson s'associent provisoirement avec Chick Churchill, le clavier de Ten years after, pour l'album "You and me", en 1973. Cependant, ils n'ont qu'une idée en tête : reformer Supertramp, et cette fois, sur des bases solides.

Rick Davies, joueur de piano de swindon, issu d'une famille ouvrière avait passé les quatre dernières années, avec Roger Hodgson; un garçon de l'école publique anglaise de Porsmouth; à essayer de trouver la bonne combinaison pour leur groupe. Celui-ci, avait obtenu une acclamation critique, mais pas commerciale.

Pour tenter de trouver la bonne combinaison, ils se lancent donc dans une série d'auditions et recrutent durant l'été 1973, trois musiciens qui ont déjà une bonne et solide expérience.

Le bassiste Dougie Thomson; un écossais de Glasgow, qui avait joué avec les Alan Bown Set; le batteur Bob Siebenberg; un Californien de glendale qui avait joué avec les Bees Make Honey et John Helliwell, le très talentueux et médiatique saxophoniste, originaire de Todmorden, dans le Yorkshire, sont ainsi recrutés.

Préssentant que la bonne combinaison a été trouvé, le nouveau Supertramp part à l'assaut du monde avec sa musique.

Nous sommes en 1973, le groupe se retire alors dans un paisible cottage du Summerset pour répéter et mettre au point de nouvelles compositions après une longue préparation et quatre mois d'enregistrement.

"Crime of the century" consacre la renaissance de Supertramp. L'album connait une réussite aussi immédiate qu'inattendue. En Angleterre, il se classe N°1, alors que le single "Dreamer" entre dans le top 20 anglais. Aux états-unis, une première tournée permet au single "Bloody well right", d'atteindre la 35è place des charts. Supertramp tourne intensivement outre-atlantique, proposant selon la critique "le plus beau spectacle son et lumière du rock".

Dougie Thomson raconte : "Crime of the century" est mon préféré car c'était le début.

C'était tout nouveau, un mystère. C'est également l'album préféré de John Helliwell, d'un point de vue émotionnel :" C'était la genèse du groupe" avoue-t-il.

Roger Hodgson ajoute : "Crime" a été un travail très difficile mais c'était une période de liens affectifs. C'était la dernière fois que nous avons eu le temps de respirer et de nous connaître les uns les autres.

"Nous étions tous encore très jeunes et fougueux" ajoute Bob Siebenberg. Et c'était le premier album que j'avais jamais fait. Cet album était une chance. Nous n'avions aucune idée de ce que nous réservait l'avenir. C'était si innocent.

J'ai aimé enregistrer "Crime" plus que tout autre album. Aussi, c'est définitivement mon préféré.

Supertramp

John Helliwell, quant à lui se souvient pour le titre "Rudy" être allé dans les rues pour les effets sonores. Nous étions allés à la gare de Paddington, pour obtenir de réels bruits de gare et aussi au square de Leicester pour avoir des sons de gens sortant du cinéma.

En concert pour "Crime", Roger se souvient : nous avions normalement ouvert le spectacle avec "School", j'avais la première ligne et une nuit, la musique démarra, les lumières s'élevèrent, chacun faisait son travail sur l'intro et quand il est venu le moment de chanter cette ouverture, je ne pouvait pas me la rappeler.

Supertramp tourne intensivement outre-atlantique, proposant selon la critique "le plus beau spectacle son et lumière du rock". "Crime of the century" est un gros succès et au début de l'année 1975, le groupe reçoit son premier disque d'or, le premier d'une longue série.

Pour plus de commodités, le groupe s'installe à Los Angeles, où il met la dernière touche à son nouvel album "Crisis ? What crisis ?", qui parait en novembre 1975. Contrairement au précédent, qui se voulait conceptuel, "Crisis ? What crisis ? est une simple juxtaposition de chansons au demeurant très inspirées.

"De tous nos albums "Crisis" est celui que j'écoute le plus souvent" déclare Roger.

"Crisis est une collection mélodies" ajoute Davies. Nous n'avions pas de concept. Nous avions besoin de sortir un nouvel album rapidement pour rester sur notre lancée.

Bob : Nous avons tous survolé "Crisis" en se sentant sans inspiration. Après réflexion, il y avait beaucoup de choses qui nous passaient par la tête. Nous n'apprécions pas ça à ce moment là car il y avait tant de pressions bizarres que les choses continuaient.

Helliwell ajoute : quand nous étions sur la tournée de "Crisis", nous disposions toujours du meilleur siège disponible de la maison. Nous avions recrée la pochette du disque sur scène avec la petite table, le transat et le parasol. N'importe qui pouvait s'asseoir là s'il le voulait. Il avait juste à porter un maillot de bain, s'asseoir et apprécier !

Une fois encore, le groupe avait planifié une tournée mondiale, avec une production plus importante, et incorporant des éclairages supplémentaires, ainsi qu'une nouvelle équipe qui fut affectivement appellée "The Supertramp army".

Le groupe débuta une tournée ambitieuse de huit mois. Pendant deux mois, le groupe tourne en Angleterre et poursuit vers l'Europe. Après un concert d'adieu, au célèbre Royal Albert Hall, Supertramp traverse l'ocean pour rejoindre l'Amérique. Les tournées américaines et canadiennes furent importantes, menant le groupe à la fois dans des endroits majeurs ainsi que des endoits inhabituels pour le rock, comme Las Vegas au Névada. Mais la tournée ne s'arrêta pas là. Décidant d'étendre leur musique le plus loin possible, ils se rendent également au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Tous les éléments caractéristiques de la réussite commerciale et artistique de Supertramp semblent ici, définitivement au point.

A l'automne 1976, le groupe s'installe en Californie, où, ils résident encore aujourd'hui. C'est à cette période, qu'ils commencent à travailler sur leur troisième album, ensemble, et choisissent Caribou Ranch dans le Colorado, comme lieu pour enregistrer leur album.

Après un séjour de trois mois à Caribou, le groupe retourne à Los Angeles avec les ingénieurs Geoff Emerick et Peter Henderson, pour mixer l'album à Record Plant.

Pour cet album, qui contient des succès comme :"Give a little bit", "From now on" ou"Babaji", ils firent appel , pour les arrangements orchestraux au célèbre compositeur de musique de films, le français Michel Colombier. Roger déclare : "j'aime faire des albums pour faire des bébés. On utilise beaucoup de phrases identiques : conception, difficulté, peine , accouchement. Et vous ne savez pas comment le bébé sera jusqu'à ce qu'il soit sorti.""Quietest" a été difficile. Nous sommes restés trop longtemps à Caribou ; deux à trois mois. Tout le monde avait la nausée de la cabane. Même moi, qui aime la campagne et les montagnes, la réclusion m'avait rendu dingue. C'était autre chose dans une série de tests.

Bob se souvient être allé dans des extrêmes différents pour obtenir des sons spéciaux. Je vois encore Roger monter dans l'ascenseur à Caribou. Nous essayions de trouver cette résonnance parfaite pour la guitare accoustique de Roger sur "Give a little bit". Ils avaient installés micros et fils électriques et avaient fermer les portes. La casette rembobinée, Roger joua. J'avais les écouteurs sur les oreilles et je rentrais dans le jeu.

Bob continue : "L'air est très rare à Caribou et ils ont des réservoirs d'oxygène partout. Je me rappelle voyant Roger s'allonger sur le dos, travaillant ses cordes vocales. Entre les enregistrements, il avait du prendre une bouffée d'air simplement pour pouvoir continuer à travailler. Ensuite, ils sont partis avec l'enregistrement, pour le studio de Los Angeles."

Supertramp

Helliwell ajoute : lors d'une séance "ils firent entrer les gars du meilleur orchestre et les enregistrèrent pour mettre au point, "Fool's Overture". Ils étaient tous un peu surpris d'apprendre que nous voulions simplement enregistrer l'accord.

Nous avions aussi tous nos amis qui étaient venus chanter sur "From now on" et ils ne pouvaient pas chanter. C'était embarrassant.

Dougie interjecte : "C'était une des rares fois ou nous ayons vu John devenir fou. A vrai dire il s'est tourné vers quelqu'un et a dit pourquoi ces salauds ne peuvent-ils pas chanter juste?

Pour Roger : "1974-1978 furent des années extraordinaires, étant donné que les cinq membres du groupe étaient si totalement différents. Chacun était dans ses propres choses et nous travaillions encore si dur sur la musique.

Rick et moi, étions comme le jour et la nuit. En fait les gens se réferraient à nous grâce à ça. La seule chose que nous avions en commun était la musique. Nous avions des périodes de communication verbales très dures. Il y avait beaucoup d'affection dedans et nous la faisions communiquer musicalement.

Et ce qui manquait à "Crisis ? what Crisis ?", c'était un tube. En avril 1977, "Even in the quietest moments" en propose un : c'est "Give a little bit", qui permet à Supertramp d'accéder au hit-parade du monde entier.

"Give a little bit" est interprétée par Roger Hodgson, qui prend un léger ascendant sur son camarade, Rick Davies. C'est lui, qui compose les mélodies les plus accrocheuses, de sa voix haut-perchée. C'est lui aussi, qui prête sa voix au morceau de bravoure de l'album, le célèbre "Fool's overture".

Cela dit Roger Hodgson, n'est pas Supertramp à lui tout seul. Supertramp, est un tout composé de cinq fortes personnalités que l'on aurait tort de séparer, comme l'avenir le dira.

John Helliwell le confirme, les graines de cette séparation sont semées depuis longtemps. "Il était essentiel pour sa survie que Supertramp possède de telles individualités, car déjà à l'époque, Roger voulait s'en aller. Au moment où nous répétions "Crime of the century", il était décider à partir aux Indes, comme ça, sans raisons. Et nous passions notre temps à le persuader de rester et ça a duré pendant toutes les années 70, jusqu'en 1983, où, il s'en est allé. En fait c'est ce qu'il voulait pour de bon. On avait beau lui dire, tu es dans un bon groupe, il était décidé à partir".

Suite à l'album "Even in the quietest moments", le groupe s'engage alors pour une tournée américaine de 130 dates, alors que "Crime of the century" et "Even in the quietest moments" sont certifiés disques d'or.

Supertramp commence à avoir une certaine notoriété, et retourne à Los Angeles pour tenter de faire encore mieux. C'est chose faite avec l'album "Breakfast in America" en mars 1979.

Un concept album, qui puise sa source, dans l'aventure même de Supertramp, groupe anglais émigré aux états-unis, qui est N°1 aux USA, N°3 en Angleterre et figure parmi les meilleures ventes mondiales de disques de l'époque. 16 millions de disques vendus tous pays confondus. "Logical song", un titre de Roger Hodgson, est sur toutes les lèvres.

Quand nous sommes entrés en possession de "Breakfast", nous étions plus préparés se rappelle Rick : "les chansons étaient écrites, chacun se sentait à l'aise et excité à propos de ce projet".

Tout le monde pense que la chanson "Breakfast In America" venait des expériences du groupe de vivre en Amérique, alors qu'en réalité, c'est une des plus vieilles chansons du groupe. Roger l'avait écrite quand il avait 18 ans. "A vrai dire, quand je l'ai écrite je n'avait jamais été en Amérique" informe Roger. "Je vivais dans la campagne anglaise. C'était une chanson naïve pas du tout timide. J'étais trop jeune pour filtrer quelque chose. La musique me faisait survivre. Rick ne l'aimait pas, il ne voulait pas de cette chanson sur l'album et encore moins qu'elle soit le titre de l'album. Mais finalement il a changé d'avis.

Durant l'enregistrement de "Breakfast in America", la perspective d'un si grand succès, n'était pas si évidente, surtout pour Rick Davies, qui pensait que le groupe faisait fausse route.

J'avais fait un pari avec Rick ajoute Bob. Quand nous étions en plein enregistrement de "Breakfast", l'ambiance était si forte, la manière dont nous faisions les choses et travaillions ensemble était si agréable que j'avais parié avec lui, 100 dollars que cet album rentrerait dans le top 10 en Amérique.

Ce billet de 100 dollars est encadré. Rick l'a payé entièrement avec une petite plaque qui dit : "Tu ferais mieux de ne pas le dépenser, espèce de salaud !"

Supertramp

Et il me l'a donné la nuit où nous avons joué au Madison Square Garden à New-York, et reçu nos premières récompenses en platines aux Etats-Unis.

Cette nuit était une sorte d'apogée, autant que l'est une tournée aux Etats-Unis.

La tournée qui suit l'album est particulièrement spectaculaire. Une véritable débauche de technologie et d'effets spéciaux. 52 tonnes de matériel, 16 kilomètres de cables, une valeur d'équipements de 5 millions de dollars et une équipe de 40 personnes.

Elle pulvérise tous les records de spectateurs en Europe et au Canada et fait la une des grands journaux, entourée de superlatifs, permettant par la même de renforcer la réputation du groupe pour ses shows spectaculaires.

De partout, le groupe croule sous les honneurs. Disque de diamant pour "Crime of the century" et "Breakfast in America" au Canada, la coupe Narm pour l'album le plus vendu aux états-unis en 1979. Le 9 mai 1980, lors de la cérémonie des 25è Ivan Novello Awards, au London Grosvenor House Hotel, la chanson "Logical song" est élue meilleure chanson de l'année.

Une fois leur tournée de 10 mois terminée, le groupe veut toutefois concrétiser un de ses projets : un album live. Le groupe avait enregistré leurs 4 performances à Paris. Sur scène, c'est le saxophoniste John Helliwell qui mène le jeu, dans son rôle de monsieur Loyal, il fait un véritable triomphe devant les 8000 spectateurs du pavillon de Paris, le 29 novembre 1979.

L'enregistrement de ce concert donne l'album "Paris", paru en septembre 1980. "Paris" c'est un peu le couronnement de l'histoire d'amour qui unit Supertramp au public français.

Un public que John Helliwell décrit : "Chaque public est différent. Lorsque tu tournes aux USA, tu es frappé par le fait que dans un pays aussi gigantesque, tous les publics se ressemblent qu'elle que soit la ville, côté est ou côté ouest.

En Europe, chaque pays à son caractère propre. En Allemagne, par exemple, les gens font tous la même chose au même moment, que ce soit taper dans les mains ou frapper des pieds.

Les espagnols comme les italiens, chantent avec toi et sont très joyeux. Les français, leurs ressemblent en partie, mais sont un peu fous, c'est d'ailleurs pour ça qu'on doit leur plaire. Ils sont un peu "timbrés", on a du mal à les contenir.

Tu sais comme dans une théière quand l'eau commence à bouillir, quand la pression monte, tu essaies de maintenir le couvercle, mais il n'y a plus moyen. Les français sont comme ça, avec eux, le couvercle à tendance à sauter, et je les adore".

Auréolés d'une trentaine de disques d'or et de platine, les membres de Supertramp, se retirent en Californie, chacun chez soi : Rick Davies et Bob Siebenberg dans la vallée de San Fernando, Dougie Thomson sur son bâteau encré à Marina Del Rey, John Helliwell à Toupana Canyon et Roger Hodgson sur les collines de Californie du nord.

Ils passèrent ainsi l'année 1980, à mettre leurs vies personnelles en ordre, leurs maisons étant construites et leurs enfants nés.

Lorsqu'ils finissent par se retrouver pour la préparation du nouvel album, tout se complique, car ni Roger Hodgson, ni Rick Davies ne veulent quitter leur propre studio.

Finalement, on trouve un compromis. Les répétitions du nouveau disque ont lieu chez Rick Davies, à Los Angeles et l'enregistrement chez Roger Hodgson. Le désaccord entre les deux forces créatives de Supertramp semble désormais irréversible et l'album "Famous last words" constitue en ce sens, une ultime tentative de coopération.

Le divorce entre les deux piliers du groupe est définitivement consommé le 9 mars 1983 à 9 heures du matin. Quatre ans, jour pour jour, après la sortie de "Breakfast in America", Hodgson annonce qu'il quittera Supertramp, dès que leurs engagements auront été respectés, c'est à dire à la fin de la tournée de promotion de l'album "Famous last words".

Roger Hodgson s'explique sur les raisons de son départ :

"A mon avis, Supertramp était aller aussi loin qu'il le pouvait. Nous avions atteint le sommet avec "Breakfast in America", je ne voyais pas comment évoluer dans le contexte limité du groupe.

Le problème principal de Supertramp, était que l'esprit même du groupe avait quelque peu disparu. Si Supertramp, était resté vivant, créatif, vibrant, j'en ferais encore partie. Mais pour moi, c'était devenu trop banal. Plutôt que de rester, devenir riche et gros, j'ai préféré tenter quelque chose de neuf et d'excitant, et j'ai préféré partir".

Malgré le succès du single : "It's raining again", Roger Hodgson ne semble guère apprécier "Famous last words".

"En fait, je pense que cet album, ne valait pas grand chose. Il y avait de très bonnes chansons, mais l'album lui-même, n'était pas particulièrement réussi. Je pense qu'il était sans inspiration, c'est tout ce que je peux dire".

Roger explique : "enregistrer "Famous" fut assez machinal. Pour moi, les années dorées de Supertramp étaient terminées et incluaient: "Even In The Quietest Moments".

Une fois le complexe de la fortune et du succès survenu, il y avait moins de temps pour le brouillage et il fallait simplement être les uns avec les autres. Atteindre les sommets avec le groupe fut une véritable sensation de magie.

Il y avait une bonne richesse de musique avec ce groupe, mais les choses fonctionnent par cycles : les gens doivent grandir , les choses doivent changer. C'était une période de croissance et je suis très heureux d'en avoir fait partie."

Sur son départ, Roger précise : "je ne pense pas que ce soit une fin, je pense que c'est un nouveau départ."

Malgré tout, la tournée 1983, touchera plus de 1,5 millions de personnes à travers le monde. Ainsi, le 24 juin 1983, Supertramp se produit au château de Seaux ( région parisienne ), devant 82.000 personnes.

La force de Supertramp, son efficacité reposait sur les mélodies de Hodgson et la construction du rythme et des harmonies vocales par Davies. On peut alors se poser la question de l'avenir du groupe, dès lors que ces deux éléments ne se conjuguent plus.

Durant cette période d'incertitude, le batteur Bob Siebenberg publie un album "Giant in our own room", qui passe plus ou moins inaperçu, si ce n'est des fans les plus irréductibles.

Les yeux se tournent alors vers Rick Davies, qui travaille depuis deux ans sur le successeur de "Famous last words".

Son projet se concrétise en mai 1985, avec la sortie de "Brother were you bound", un album aux préoccupations plus sociales et plus politisées. Bref, un disque sérieux.

Rick, le membre fondateur du groupe reconnut que cet album était un autre chapitre dans la quête de Supertramp en vu d'expérimenter et d'essayer quelque chose de nouveau à chaque sortie." Il y avait une période" se rappelle Rick ou l'on se demandait si Supertramp était seulement le groupe de Roger et Rick ou si c'était valable de continuer juste nous quatre.

Nous avons décidé de tenter le coup, mais nous avons attendu plusieurs mois avant de partir en tournée pour l'album. Nous étions tous encore un peu inquiets avant le premier concert, mais la foule est devenue dingue.

Nous savions que nous avions surmonté l'obstacle. Et, la réaction à un style plus nouveau comme "Cannonball" fut très bonne, aussi nous étions encouragés.

Cet album contient aussi des titres comme "Better Days" et "Brother Where You Bound" et "Still in love".

"Brother" était très basé sur l'acoustique, nous jouions les pistes d'accompagnement avec beaucoup de piano et de véritables batteries" raconte Rick en réfléchissant sur le besoin du groupe de revenir à l'essentiel à une période oû la technologie avait le monopole dans la plupart des studios du monde.

Sur cet album, on remarque le titre "Cannonball", enregistré avec la participation du guitariste de Pink Floyd, David Guilmour, se classe N°20 en Angleterre, et N°21 aux USA. On est loin des splendeurs passées. "Brother were you bound" est accompagné d'une longue tournée de promotion qui passe par l'Europe, début 1986.

Au cours des concerts, on ne peut que constater et regretter que Supertramp, n'interprète aucune chanson de Roger Hodgson.

Après la compilation "Autobiography of a Supertramp", octobre 1987, ramène le groupe au premier plan, avec la sortie de "Free as a bird".

Pour cet album, nous avons travaillé avec des batteries et des pistes de basses et nous les avons intégrés aux chansons.

C'est aussi le premièr et très probablement le dernier album fait complètement dans mon studio à la maison. C'est sûrement pas la meilleure manière de faire un album" admet Dougie. Mais nous voulions essayer quelque chose de différent.

Pour moi, "Free As A Bird" est beaucoup plus ouvert que "Brother Where You Bound" qui était plutôt introverti.

Cet album contient des titres aussi connus que "Free As A Bird", "I'm beggin You" ,"It's Alright."

John Helliwell avait prédit que le groupe irait dans une direction plus orientée vers le Rythm'n blues après que Roger soit parti.

Pour moi, ajoute Rick "cet album était libre de certaines obsessions et des côtés les plus prétentieux de Supertramp. Il n'y avait pas de paroles intenses qui soient difficiles à comprendre. Il revenait à l'essentiel et donc à une certaine liberté qui venait de là.

Ce nouvel album est moins engagé que le précédent, l'accent étant mis davantage sur les chansons d'amour.

Roger Hodgson, n'ayant pas été remplacé, le groupe reste un quatuor, même si officiellement, ils compte un cinquième membre quasi permanent depuis plusieurs années en la personne du chanteur, clavier et guitariste Mark Hart.

La tournée de promotion de l'album "Free as a bird", est baptisée "The world migration tour". Elle va occuper le premier trimestre de l'année 1988 et marquer ce que l'on pourrait appeler un retour aux réalités. Les chansons de Roger Hodgson, figure à nouveau au programme, interprétée par Mark Hart. Il faut bien avouer qu'elles constituent une part importante du répertoire de Supertramp.

Cette tournée fait l'objet de "Live 88", qui sort en octobre 1988, un album enregistré sur un simple magnétophone deux pistes, branché sur la console de mixage des concerts.

Sur scène, Supertramp s'écarte de son répertoire habituel, avec une version de "I'm your hoochie cooche man" de Willy Dickson.

En 1989, Bob Siebenberg publie "Heads up the long shut".

Puis, on n'entendra plus parler de Supertramp, jusqu'à la sortie de deux compilations : "The very best of.vol.1 et vol.2", sortis respectivement en 1990 et 1993.

Le 14 avril 1993, à l'hôtel Hilton de Beverly Hills, Roger Hodgson, Rick Davies et John Helliwell se retrouvent pour une performance destinée à récolter de l'argent pour une oeuvre de charité, dirigée par le co-fondateur de A&M Records, Jerry Moss. Ce soir-là, ils jouent de nombreuses chansons dont "Logical song" et "Goodbye stranger".

Ainsi, après un dernier album studio, sortit en 1987, ainsi qu'une tournée l'année suivante, le groupe, ne fera plus parler de lui pendant dix ans, jusqu'à ce que l'on annonce leur retour.

Auteur : Marc Pili

Copie autorisée

Version originale : http://www.chez.com/supertramp/biographie.html

Date de mise en ligne : 2003-11-04

Biographie de Supertramp

Pour ma part, j'adore leur deuxième album : "Indelibly stamped" (et beaucoup moins leur premier). Comme quoi "les goûts et les couleurs..."

2009-07-08 00:00:00

Biographie de Supertramp

Plus tard, Supertramp ont effectivement refait parlés d'eux, mais cela n'avais plus rien à voir avec le groupe Supertramp "d'avant". Les générations ont évoluées, les mentalités aussi et aujourd'hui Supertramp n'est bon que pour les nostalgiques des années 70 à 90 ..... ou comme le disent les jeunes de 20 ans et moins "les vieux que nous sommes". Je ne pense pas que Supertramp se relèvera un jour, pas plus que Pink Floyd ou autres Dire Straits et etc ... c'est une époque révolue mais elle était sublime. Un jour peut-être ces titres seront peut-être présent de nouveau sur les lèvres, mais pas avant que les modes nouvelles ne tarissent et que la musique ne trouve plus de compagnons digne de sa compagnie. Cela commence à être le cas puisque de plus en plus on peu constater que les anciens titres de nos époques ressortent et plaise à la dernière génération. Mais d'ici à dire que des nouveaux Supertramp et ou autres du genre vont renaitre; dire que des gens de talents comme Marvin Gay ou ottis reding seront remplacés; oui peut-être, mais d'ici là, nous seront sans doute déjà tous mort. Reste plus qu'à prendre nos bon vieux albums supertramp, fermer les yeux, et les écouter de nouveaux en chantant avec eux. Pourquoi pas si on ne chante pas trop faux ?!

2008-04-14 00:00:00