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Les Mayas
L'occupation du solLes Mayas occupent la presqu'île du Yucatán et les zones voisines du Honduras et du Guatemala actuels, sur quelque 350 000 km². Il n'est pas possible de fixer de dates limites à la civilisation maya ; on ne sait pas quand elle a commencé, et on peut admettre qu'elle se poursuit de nos jours sous une forme dégénérée. La civilisation maya semble s'être développée sur place par simple osmose entre une population et son milieu géographique, sans intervention étrangère. Les plus anciennes traces d'occupation du territoire maya remontent à 1 500 avant notre ère. Ces populations ne connaissaient ni l'écriture ni l'architecture en pierre ; agriculteurs, ils vivaient dans des maisons en terre, regroupées en villages. Le maïs, source de la puissance mayaLe maïs proviendrait des hautes terres de l'ouest du Guatemala. Les Mayas ont cultivé cette plante selon le système du milpa (écobuage) :
Il faut 14,5 ha pour nourrir une famille moyenne (une dizaine de personnes) pendant une année. Ce strict nécessaire est produit en 48 jours de travail. Il existe donc un excédent de forces disponibles pour entretenir une classe de prêtres et de guerriers déchargés de travaux manuels et dont la mission est de constituer un outillage scientifique et intellectuel permettant de prévoir les dates des périodes de pluie. Les Mayas ont atteint un stade particulièrement développé dans les domaines de l'astronomie et du calendrier. L'organisation sociale et politiqueLa société maya repose sur une division du travail entre une classe qui étudie et qui protège et une classe qui travaille la terre et qui nourrit la totalité de la société. Les Mayas sont regroupés en cités dont le centre est constitué par l'espace astronomique et religieux. Certaines cités se sont unies pour former des fédérations, mais chacune d'entre elles conserve son autonomie par rapport aux autres cités. Le centre de la cité est constitué par une « ville » comprenant les temples, les monastères, les observatoires astronomiques, les palais, le tout organisé autour de vastes places. Les habitations individuelles sont éparpillées dans des faubourgs où maisons et champs sont intimement imbriqués. Ces villes, en dehors du centre politico-religieux, possèdent donc un aspect essentiellement rural. Les plus grandes villes regroupent 200 000 à 300 000 personnes. L'organisation politique est de type monarchique : la cité est gouvernée par le halac vinic qui provient d'une seule et unique famille ; la règle successorale est celle de la primogéniture mâle. Le souverain concentre en sa personne tous les pouvoirs religieux, militaires et civils. Il choisit au sein d'une classe aristocratique héréditaire, les batabs (chefs locaux, responsables de bourgs ou de villages). Ces batabs constituent une aristocratie locale chargée de percevoir les redevances, mais surtout de veiller à l'exécution des ordres, notamment ceux qui concernent les prescriptions d'écobuage. Ces grands personnages, leurs alliés et parents, forment la couche supérieure de la société : la noblesse. Le clergé constitue également une classe nombreuse. Les prêtres (Ah Kin) se succèdent de père en fils. Leur responsabilité couvre de nombreux domaines : écriture, chronologie, almanach sacré, médecine, organisation des cérémonies, éducation des futurs prêtres... Le chilam est spécialement chargé de recevoir les messages des dieux. Les membres de la noblesse et du clergé sont tenus à des jeûnes et à des abstinences très sévères. Ils s'imposent des mortifications consistant en une automutilation dont le but est de répandre leur propre sang. En bas de l'échelle se trouve le peuple. C'est à lui qu'incombe la lourde tâche de pourvoir à tous les besoins des classes non productives. Ils doivent leur fournir les aliments et les vêtements, la main d'œuvre pour les travaux publics. Ces ouvriers mayas ne disposent que d'outils en pierre ou en bois ; ils ne connaissent ni le métal, ni la traction animale, ni la roue. Le seul moyen de transport connu s'effectue à dos d'homme. Enfin, les esclaves constituent une classe à part. Les délinquants de droit commun sont condamnés à l'esclavage. Les prisonniers deviennent souvent des victimes sacrificielles. Les nouvelles découvertes montrent l'existence d'une classe fort importante de commerçants-guerriers, notamment à partir du Vème siècle à Tikal. Il y aurait eu un partage du pouvoir entre l'ancienne aristocratie à qui incombe la direction intérieure de la cité (pouvoir civilo-religieux du roi-prêtre) et la nouvelle classe de commerçants-guerriers, à l'instar de la cité de Teotihuacan. La religion mayaPour les Mayas, le monde est une unité vivante où toutes les forces sont personnifiées. Au sommet du panthéon divin siège Hunab, le créateur. Il est si haut que l'on a peu à faire à lui dans la vie de tous les jours. Son fils Itzamma est le seigneur des cieux, le Dieu soleil, inventeur de l'écriture, des livres, du calendrier ; c'est le dieu de la connaissance, un ami de l'homme. Chac est le dieu de la pluie fécondante, du tonnerre, de l'éclair, de la fertilité et de l'agriculture. Le dieu du maïs, Yumtaax, est un jeune homme représenté avec des épis de maïs dans sa chevelure ; il représente la prospérité et l'abondance. Quant au dieu de la mort, Ah Puch, il est souvent accompagné du dieu de la guerre Ek Chuah. Les récits mythiques expliquent qu'Hunab a créé plusieurs fois le monde, mais que celui-ci a été détruit par des déluges. Le monde actuel est composé de treize ciels et de treize cercles infernaux. La terre est le siège de la lutte du bien et du mal. L'homme cherche à se concilier la faveur des dieux par des jeunes, des abstinences, des offrandes, des prières et des sacrifices humains. L'âme est immortelle : elle ira au paradis ou en enfer. Le paradis est un lieu de repos éternel et d'abondance, de nourriture et de boisson. En enfer, des démons torturent les damnés. Il y a là une telle similitude avec la religion chrétienne que l'on peut se demander si le père Diégo de Landa, auteur des Relationes, n'a pas été dupé par ses informateurs qui lui auraient ainsi caché l'essence de la religion des Mayas. Quant aux sacrifices humains, ils trouvent leur origine dans le mythe de la création de l'homme. Dieu créa l'homme à partir de la pâte de maïs en prononçant les mots : «Ainsi, les hommes devront nourrir les dieux». Il y a donc un caractère contractuel qui lie les hommes aux dieux ; ceux-ci attendent que leurs dons soient payés de retour. Le sacrifice (p'aachi signifie aussi ouvrir la bouche) est associé à l'idée de donner à manger à la divinité. Certaines divinités ont besoin de plus de nourriture que d'autres : le soleil qui est contraint de voyager dans la nuit revient squelettique ; il a besoin de reprendre ses forces, de se reconstituer pour pouvoir se lever, parcourir le ciel et éclairer la terre. Lors des cérémonies sacrificielles, la victime est immolée à la divinité : son cœur est présenté à la bouche de la divinité qui reçoit l'offrande, puis l'idole est enduite de sang. C'est ainsi que s'effectue le transfert d'énergie entre la victime et la divinité. Mais comme les sacrifices ne sont pas quotidiens, il revient à la classe des prêtres et des nobles de donner à manger aux divinités. Pour cela, ils pratiquent l'autosacrifice : il s'agit de faire couler du sang, puis de le déposer sur l'idole. La classe des prêtres et des nobles a donc une fonction sociale bien précise : pourvoir à la nourriture quotidienne des divinités soit par l'autosacrifice, soit par la fourniture de victimes humaines, essentiellement des prisonniers de guerre. La guerre possède donc une fonction sociale précise : l'approvisionnement en victimes pour les sacrifices. On retrouve là une similitude avec la civilisation aztèque. Les récents progrès dans l'interprétation des glyphes permettront peut-être de déchiffrer ceux de la période préclassique, avant l'influence indéniable de Teotihuacan sur Tikal et Kaminaljuyu. L'apogée de la civilisation mayaLa plus ancienne stèle datée est de 292 de notre ère ; la plus récente de 889. Ces deux dates délimitent la période que les archéologues appellent classique. L'apogée de la civilisation se situe vers 790. Tous les sites possèdent le même type d'édifices et de monuments sans qu'il en résulte la moindre monotonie. La plus grande importance est donnée chaque fois aux différents bâtiments ; leur disposition dans l'espace est toujours différente. Chaque construction est adaptée à la topographie, ce qui laisse supposer une grande connaissance des données cosmologiques. Tous ces monuments sont sculptés, mais les peintures ont quasiment disparues à l'exception des fresques de Bonampak. Tikal
Copan
Palenque
Uxmal
Le foisonnement des cités peut s'expliquer par les limites que permet la technologie agricole. En effet, une fois que les sols des environs de la cité ont été épuisés à la suite des nombreux écobuages, les paysans ont du s'éloigner de plus en plus du centre de la cité. L'absence de moyens de portage (autre qu'à dos d'homme) a donc imposé un déplacement des centres politico-religieux qui s'efforcent de coller au plus près de ceux qui subviennent à leurs besoins. Il y a eu abandon progressif de la cité pour, en final, être complètement abandonnée. D'autre part, les Mayas enterraient les morts dans les maisons qu'ils occupaient. Lorsque la citée n'était devenue plus qu'un vaste cimetière, il fallait la quitter pour une autre zone. La conjugaison des nécessités économiques et religieuses a eu pour conséquence l'abandon progressif des cités et la construction de nouvelles cités. Quant au déclin de la civilisation maya, Thompson pense qu'au fil des ans, le groupe sacerdotal a perdu de son influence sur la société paysanne. Il en a résulté un renversement des systèmes de pouvoir, de gouvernement et de direction. Les paysans auraient éliminé la classe dirigeante puis se seraient heurtés à l'incapacité de créer de nouvelles formes d'existence politico-sociales. En effet, la population paysanne, sans ses dirigeants et sans les connaissances détenues par la classe dirigeante, serait retournée à des formes simples de vie, abandonnant les grands centres urbains qu'elle ne pouvait ni entretenir, ni réorganiser. La civilisation mayaLes manuscritsLes Mayas ont mis au point une écriture hiéroglyphique qui n'a pas encore été entièrement déchiffrée. Les manuscrits mayas (codex) sont formés d'une longue bande de papier pliée en accordéon. Le texte est accompagné de dessins. Il en existe quatre (Dresde, Madrid, Paris et Grolier). Par contre de nombreux glyphes sont inscrits dans la pierre et le stuc ; ils fournissent quelques indications sur les monuments. Les signes de l'écriture et du calendrier ont été assez vite connus, de même que ceux correspondant à certaines divinités. L'arithmétiqueLes Mayas ont adopté une numérotation vicésimale. Pour les calculs, ils n'utilisent pas les glyphes, mais des signes très simples :
Le calendrierCe système vicésimal est employé pour tous les calculs, y compris celui du temps et de l'astronomie. L'unité de temps est le jour (kin) ; vingt jours forment un mois (uinal) ; le tun est ramené à dix-huit mois pour se rapprocher de l'année solaire. A chacun des vingt kin et des dix-huit unial correspond un glyphe. Les astronomes mayas ont établi un calendrier solaire extrêmement précis et les calendriers lunaires et vénusiens ne présentent que des différences minimes avec ceux des astronomes modernes. L'architectureL'édifice type est le temple couvert d'une voûte surmontée d'une crête faîtière. Ces temples sont perchés au sommet d'une haute plate-forme pyramidale et dominent le site.
La période postclassique du Yucatán et des hautes terres
Lorsque les Européens sont arrivés au début du XVIème siècle, les cités mayas étaient en pleine décadence ; les conquistadores espagnols ne pouvaient soupçonner qu'une brillante civilisation s'était épanouie puis avait périclité. Chronologie sommaire maya
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Par : Marius Reynier
Copie autorisée Version originale : http://www.reynier.com/Histoire/Colonisation/Mayas.html Date de mise en ligne : 2002-12-06 |
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